Pendant mes années d’activité, je repère dans différentes fermes, des vieilles machines qui ne servent plus. C’est ainsi que pour la première fête de la moisson, je trouve assez facilement moteurs et machines à battre les céréales. Bien sûr, je ne néglige pas mon métier. Mais quand je suis chez d’anciens ruraux, je ne manque pas de les interroger sur d’éventuelles vieilleries qui se trouveraient dans leurs greniers ou dans leurs granges.

C’est ainsi que le grand père d’Hervé FEREZOU de Caméros, me raconte que dans sa ferme autrefois, il y avait un tisserand. Il m’apprend aussi que son métier a été démonté en 1901 et remplacé par un pressoir à pommes. Sans arrière-pensées je lui demande « qu’a-t-on fait de ce métier ? Je m’attends à ce qu’il me réponde « Eh bien ! je l’ai détruit, ou bien je l’ai brûlé » A ma grande surprise, il me dit qu’il l’a démonté et il se trouve très en hauteur, dans la grange à battre. Il me dit encore : « J’ai failli utiliser certains morceaux de la machine pour réparer d’autres objets, et en fin de compte j’ai renoncé car il fallait une grande échelle pour atteindre le haut du toit » Nous allons vers la grange et là, j’aperçois un amas de bois, juste sous le toit. Je demande au grand père FEREZOU, la permission de remonter son métier. Réponse affirmative et quelques jours plus tard, avec l’aide de Jean LE LONS, ébéniste, et des amis, nous redescendons et remontons le métier à tisser. Il ne manque pas une pièce, à ma grande joie, le bois n’est pas attaqué par les vers. Il est vrai qu’il est en chêne. Quelques années plus tard, Hervé FEREZOU et son épouse nous annoncent qu’ils font don du métier à notre association des vieux métiers. Ils auraient pu le vendre à un bon prix ; la seule condition est que le métier reste à Argol. Il est visible au musée et c’est Annelle, d’origine suédoise, qui le fait fonctionner.

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